Exorbitant M. Sarkozy, quand on défend la liberté : on est libertaire, pas libéral !

Discussion et réflexion subjectives sur la liberté...

Adrien : Liberté, quel doux mot.

Il n'est pas rare d'y associer le terme de Libertin, avec ensuite et évidemment toutes les remarques désobligeantes, infondées et gratuites du genre, « c'est sale » (hygiénisme : quand tu nous tiens), ou encore, « tu traites les filles comme des objets alors ! » (Utérisme*, quand tu nous tiens également.)

Nous allons tenter, Philippe et moi-même, d'éclaircir un peu ce que nous entendons par libertaire.

J'aime à penser le libertaire ainsi : celui qui ne considère pas les lois sociales comme pré-établies et universelles. C'est là que la liberté apparaît : nous sommes libres à chaque nouveau jardin de réécrire les règles qui régiront nos relations sociales. Les libertaires ne sont pas des agents du chaos : il faut des conventions pour éviter de blesser, de gêner, de trahir etc. Mais ces conventions ne sont ni fixes, ni universelles. C'est en ceci que les libertaires sont en rupture avec les conservateurs.

Revenons sur la notion de jardin empruntée à Épicure. Un jardin est pour nous, une unité de temps, de lieu et de personnes. Si le lieu change, si une personne part ou entre, s'il y a une rupture de temps (« allons nous coucher, à demain » par exemple) : le jardin actuel s'efface (ou est mis en pause) et un nouveau jardin né aussitôt.

Les jardins sont réputés également libres, privés et indépendants, ceci signifie que ce qui se passe, se dit, au sein d'un jardin ne concerne et ne regarde que les personnes fondatrices du jardin et que les autres jardins ne devraient pas influencer celui-ci.


* Le mot Utérisme est un néologisme de ma confection, il désigne celles qui pensent qu'avoir un pénis est avilissant, dégradant et fait des mâles des êtres inférieurs, indignes, sales etc... C'est cadeau, c'est pour vous.

Les commérages sont donc difficilement appréciés, vous vous en doutez ! Le secret est un principe : il ne couvre pas forcément quelque chose de mal, il protège une définition assez vaste et parcellaire de la vie privée.

Les conséquences sont simples : chaque personne ne possède pas une vie privée mais plusieurs, une pour chaque jardin. Le secret n'est pas lié au bien ou au mal mais simplement au respect des vies privées. Pour un libertaire, d'ailleurs, la notion de bien et de mal est assez floue. Ce qui est juste compte !

Je vais prendre un exemple très radical pour bien comprendre la mécanique : Deux personnes sont reconnues comme possédant toutes leurs facultés, elles décident que l'une sera cannibale et l'autre le repas. Le libertaire respectera ce choix car sa propre vie n'appartient qu'à lui. (ce qui a des conséquences sur le rapport à l'euthanasie, je vous l'accorde.)

Responsabilité, respect de l'autre, équilibre, conscience collective et franchise sur ses attentes et ses craintes sont les clés de voûte du système libertaire.

L'égalité des sexes est une évidence puisque dans la plupart des jardins, on ne considère pas le sexe comme paramètre mais simplement les envies, attentes, freins, angoisse etc... (De manière générale n'entrent en compte que les choix et non les caractères innés des personnes).

Les êtres humains sont égaux et se respectent car ils portent la vie, tout simplement et indépendamment de leurs origines, leurs âges, leur sexe, leur classe etc... Le racisme est également hors de question par principe. (Scientifiquement, il y a l'espèce humaine au sein de la famille des grands singes). Les races n'existent pas. (voir article à ce sujet)


Nous ne jugeons pas les gens sur ce qu'ils ne maîtrisent pas. La conséquence devrait être de ne pas nous inquiéter de ce que nous ne maîtrisons pas. Mais c'est très difficile à faire au quotidien ;)

Concernant la franchise des êtres en relations, elle est indispensable car comment établir un jardin viable avec une ou plusieurs personnes qui n'expriment pas clairement ce qu'elles attendent du jardin ? De la même manière : rien n'est possible avec ceux dont l'intérêt personnel est plus grand que l'intérêt collectif. Les deux intérêts doivent se sublimer et non s'opposer.

Les libertaires ne demandent rien, ils ne devraient rien attendre. Ils construisent ensemble un bonheur.

Philippe : l'attitude de non-attente comme choix spirituel : ne pas encourager ses frustrations, génératrices d'énergie négative. Dire « Je veux » et déclarer que l'on « n'a pas » est par conséquent contre-productif dans une pensée créatrice que l'on veut positive / élément sur lequel il faut faire preuve de discernement en fonction des contextes bien évidemment / large idée à développer ou non, certains ouvrages renvoient à cet aspect.

 

 

Adrien : Ils proposent et choisissent pour améliorer le présent.

Philippe : et donc construire l'avenir.

Adrien : avec plus de plaisir, plus de sagesse etc...

Je vais tenter de réécrire ce paragraphe là : effectivement ce n'est pas très clair : Les libertaires vivent au présent et n'exigent rien, ils proposent et attendent quelque chose de la vie, même beaucoup évidemment mais ne donne aucun poids de gravité au refus possible. Il y a une part de stoïcisme dans la mesure où nous ne nous formaliserons pas sur ce que nous ne maîtrisons pas.

Nous n'avons aucun droit ni pouvoir sur la décision d'autrui : nous la respectons entièrement comme telle.


Le présent est donc le meilleur socle commun que nous puissions ensemble mettre en oeuvre. Sans frustration. Sans déception.

Léger point de désaccord entre nous : Philippe met en place cette démarche pour construire l'avenir, je ne la met en place que pour améliorer ce présent qui glisse, peu importe l'avenir.

Je pense avoir été un peu plus juste sur ce que je voulais dire là.

Le rapport du libertaire à la religion est évident : Il n'est pas permis à un groupe d'Hommes sous prétexte de Dieu d'imposer des lois aux autres Hommes. Prenons quelques exemple :

Tu ne tueras point... sauf si le futur décédé est d'accord et en pleine possession de ses facultés. (oui c'est une acceptation de l'euthanasie très très très encadré bien évidemment)

 

Philippe : Il est parfois nécessaire de tuer d'autres hommes pour en sauver d'avantage, ou pour construire ce qu'on estime être un monde meilleur. Les alliés ne se sont pas gênés pendant la WW2, malgré leurs bavures et certains excès de zèle.

 

Adrien : Je ne leur donne pas raison pour autant. Je ne suis pas tout à fait d'accord sur ce fait : j'accepte qu'il faille potentiellement laisser certaines personnes mourir pour en sauver beaucoup plus,...

... bien que je n'ai pas d'exemple en tête, par contre les tuer est un acte actif, volontaire.

Là j'ai plus de mal. Je vais préférer mettre en place les outils judiciaires très larges (planétaire et indépendant : ça va pas être facile ça.) Une fois que la connerie est faite (invasion d'État, génocide, action répressive et liberticide etc... là ok : on a un gros problème et de grandes actions à mener mais

le préventif me gêne.

 

Philippe : il me semble donc qu'on est en fait assez d'accord :-)

 

Adrien : Tu ne convoiteras pas la femme de ton voisin... sauf si la femme du voisin est d'accord. Elle n'appartient à personne. Elle est libre de créer un jardin forcément secret (par principe) à part, pour elle et d'autres.


Philippe : Je suis prudent sur cette notion, la femme du voisin peut être d'accord, mais pas le voisin. On est d'accord, sa femme ne lui appartient pas, mais il se peut qu'elle le trahisse s'ils n'ont pas établi les règles adéquates. En conséquence, on se trouve dans la situation d'un encouragement conscient à la trahison et à la probable souffrance d'un autre homme, idée à laquelle je m'oppose personnellement. Cette notion est assez complexe. Et puis il faut se méfier des écrits religieux et de leur traduction ou entrées multiples. Par ex, cette affirmation peut être également vue sous l'angle que je proposais précédemment, ie l'attitude de non-attente...

Adrien : Je vais à nouveau être en léger désaccord, un homme blessé d'avoir été trompé avait fait le postulat de l'exclusité de l'autre, or c'est contraire au fait que chacun n'appartienne qu'à soi.

De plus, si j'aime cette femme et que je la considère responsable : ce qu'elle fait quand je ne suis pas là concerne un autre jardin auquel je n'ai pas droit d'accès. Elle n'a aucun compte à me rendre. Faire confiance à quelqu'un ne concerne à mon sens pas son emploi du temps et ses fréquentations mais la véracité des sentiments qu'elle éprouve pour moi, le reste ne me regarde pas.

Philippe : En fait je suis assez proche de ta pensée, mais je n'ai jamais réussi à dégager ne serait qu'une conclusion temporaire sur ce sujet. Pour moi, tous les êtres sont liés à des degrés variés et il m'est parfois difficile de mêler jardin et fraternité

 

Philippe D. / Adrien F.

 

Mise à jour quelques semaines plus tard par Adrien : Après expérience personnelle et quant à la fin de cette discussion, ma réflexion va finalement de ton coté Philippe : oui, tous les êtres sont liés plus ou moins. La confiance que les autres, conjoint(s), amis ou autres, mettent en nous sur certains points est une responsabilité plus vaste que les frontières des jardins. Notre responsabilité est donc de s'assurer que tout soit clair avant un acte libre plutôt que de penser par défaut que tous se sont clairement exprimés ou que cela ne les regarde pas.


À paraître : « Manifeste d'une liberté »

Pour en savoir plus, c'est par là >

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