Nature de la justice

"C'est, en particulier, l'égalité de droits associée à la citoyenneté qui fonde le lien social"

C'est le problème premier dans toutes les relations sociales : Que les choses soient justes. Et c'est une responsabilité de chaque instant, de chacun d'entre nous. Nous sommes humains, nous commettons des erreurs c'est un fait. Nous sommes responsables de nos actes. Nous sommes aussi responsables de ce que l'on ne fait pas, par flemme par exemple ou par provocation, par orgueil, par peur, ce ne sont pas les alibis qui manquent.

Nous avons une responsabilité envers notre entourage, proche ou inconnu, de faire en sorte que ce qui est fait et dit soit juste et bon car :

La justice n'existe pas en dehors de l'Humanité.

Aucune force supérieure ou naturelle n'agit en dehors de nos actes et paroles en faveur de la justice, c'est à nous de la créer chaque instant comme le temps fabrique sans cesse du présent.

C'est un effort quotidien qui doit être redoublé quand il y a un pouvoir hiérarchique de domination :

Pierre Mondy, Kaamelott, Livre VI, 6 : Nuptiæ, écrit par Alexandre Astier.

"Des chefs de guerre, y'en a de toutes sortes. Des bons, des mauvais, des pleines cagettes y'en a. Mais une fois de temps en temps, il en sort un. Exceptionnel. Un héros. Une légende. Des chefs comme ça, y'en a presque jamais. Mais tu sais ce qu'ils ont tous en commun ? Tu sais ce que c'est, leur pouvoir secret ? Ils ne se battent que pour la dignité des faibles."

Pierre Mondy, Kaamelott, Livre VI, 6 : Nuptiæ, écrit par Alexandre Astier.


Justice pour tous

Le premier point soulevé par l'enfant est l'égalité. Quand ce n'est pas juste, l'enfant qui crie est souvent l'enfant lésé, il est rare qu'un enfant crie justice pour un autre ;). Il y a eu une différence de traitement. L'un a reçu plus que l'autre par exemple. Ou un grand frère ou une grande sœur a eu un passe droit a ses yeux. Les enfants sont très sensibles à cette question de la justice par l'égalité.

Dans le monde adulte, nous avons conscience que par nature, le monde est inégal. Certains sont nés avec des cuillers en or dans la bouche et d'autre en bois. La nature elle-même n'est pas tendre avec les différences. (Si encore elle avait une volonté !).

Nous pensons donc que ce qui est juste, c'est de mener une action pour palier à ces inégalités. Et nous en arrivons à un complexe cas par cas, à des comptes d'apothicaire inextricables car comment quantifier tel ou tel différence du chemin de vie ? Des dons de la nature ? À quel point un petit est-il ou non pénalisé par rapport à un grand ? Un moche face à la beauté ? Des millions de séances de folles questions que l'on ne peut pas résoudre en perspective !

Nous avons donc besoin de bases claires pour avancer :

Tout ce que la nature fait et offre est un fait avec lequel il faut composer et que nous déclarons ne pas pouvoir être jugé.

La nature n'est pas une divinité, pas une personne, n'a pas de volonté, elle n'a ni dessein, ni conscience. Ce que nous prenons pour des actes est hors de portée du jugement. Nous sommes liés à elle par essence. Nous devons composer avec elle comme nous la composons. Cela n'est ni bien ni mal : cela est.

Les catastrophes naturelles ne punissent personne : pour punir il faut une conscience du préjudice, une volonté de justice et une intention de réparer. 0 sur 3 pour la nature. Nous ne pouvons qu'être solidaire et accepter et ceci pour une notion fondamentale : la justice est une invention humaine. Elle n'existe pas en dehors de la volonté des personnes humaines à la faire exister. Elle n'est pas une composante naturelle du monde. La justice n'est qu'un besoin humain plus ou moins partagé.


Je mettrais dans le même cas les accidents. Les vrais ! Ceux qui arrivent parce que statistiquement : ça arrive. Quand un chauffard grille un rouge et percute un innocent : j'ai du mal à parler d'accident, par exemple, car il y a une faute manifeste. C'est le terme d'accident qui me gène dans la mesure où il crée une confusion entre les vrais accidents et les erreurs ou fautes commises sciemment ou pas. Dans ce derniers cas je parle plus facilement de délit. Car il y a dans la nature humaine une force immense qui nous pousse à trouver un coupable, tout simplement parce que la douleur et la peine se vivent mieux quand on peut les transformer en colère contre quelqu'un ou quelque chose. Mais il faut trouver la sagesse de reconnaître les accidents. Beaucoup d'innocents resteront en vie et libres !

De manière générale : la peine, la colère et la tristesse doivent être bannies de tout contexte judiciaire. Elles appartiennent à la vengeance, la pire ennemie de la justice. Pour être juste, un jugement doit être froid et factuel. Une procédure doit être respectée et être universelle : une enquête, un procès PUIS un jugement. Tout le monde est innocent jusqu'au verdict.

Cette présomption d'innocence paraît évidente mais elle est quand même tous les jours bafouée par l'esprit de vengeance autant que par les politiques du chiffre actuelles. En effet quand on dit aux forces de l'ordre : vous devez attraper 20 % de délinquants :

c'est condamner ces 20 % sans procès à déjà être considérés comme des délinquants. Comme si des chiffres de la délinquance plus bas ne signifiaient jamais moins de délinquants mais des forces de l'ordre qui échouent ! C'est un scandale ! Et cela est contraire à toutes nos valeurs de justice. Quand un policier sort travailler : il ne doit jamais rencontrer de coupable. Car il travaille toujours avant le procès.

Dans le monde économique, le rapport au chiffre est le même : Quand vous donnez des objectifs chiffrés à une force de vente, c'est considérer que de toute façon les gens achèteraient et que le vendeur n'est pas bon si les chiffres ne sont pas atteints.


C'est injuste pour la même raison d'incohérence des principes qui fondent ces politiques. Le peuple est libre et cela nous ferait à tous du bien que l'on soit plus citoyens que consommateurs !

Puisque l'on est dans l'économie : que diriez-vous d'une loi qui oblige les sociétés à vraiment rémunérer ceux qui font gagner de l'argent. Plus de 35% des bénéfices doivent être redistribué à ceux qui crée la valeur directement. Quand je lis que Total redistribue 2% de ses bénéfices... Je me dis que la justice n'existe pas, que la dignité humaine est bafouée et que nous n'avons pas aboli toutes les formes d'exploitation de l'homme par l'homme ! Et de très loin !

Et que dire de l'hypocrisie que représente les prisons. Nous n'avons plus la peine de mort mais il reste du chemin à faire en terme de justice ! Je ne comprends pas les prisons dans un pays qui a une (prétendue) dette immense. (voir l'article sur la monnaie) Si une personne crée un préjudice à des particuliers, des entreprises et au peuple français : ce n'est pas en lui fournissant un toit et un repas que nous réparerons le préjudice. C'est incohérent. Privé quelqu'un de liberté peut se faire en dehors d'une prison. Nous les cachons ! Voilà tout ! Nous enfermons comme des monstres ceux qui ne conviennent pas à notre société bien pensante. Je préfèrerais un système de remboursement par le travail.

Un travail utile au peuple français, sous bracelet électronique et une éventuelle thérapie financée par ce même travail. Voici une peine juste : que le coupable paye de sa personne pour rembourser les préjudices et sa propre réinsertion. Loin des autres coupables pour éviter qu'il ou elle apprennent d'autres combines. J'ai toujours été très mal à l'aise quant aux prisons. J'y ressens une lâcheté et toujours pas de justice.

Un dernier point me pose un vrai problème : la justice pour les pauvres. Ceux qui n'ont pas les moyens d'avoir un avocat, ceux dont les plaintes sont toujours sans suite car le préjudice est « mineur » alors que pour eux, pauvres, ils viennent de perdre beaucoup. J'aimerais qu'une partie du travail des coupables finance un fond d'aide juridique et d'enquête pour les bas revenus.


Nous pourrions faire des économies également en considérant par défaut les personnes responsables, en concevant un urbanisme plus léger qui n'empêche pas les fautes, moins de forces de l'ordre et plus de services de proximité, moins de radars, plus de justice et moins de répression. Des peines plus lourdes mais une vie plus libre et responsable. Une justice auto-financée par les peines financières, par le travail et non en majorité par les deniers publics. Et tellement moins de prisons !


À paraître sur ce thème : "Manifeste d'une liberté"

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